les carnets de clarisse

transversalité & renseignement (relier les détails)

Quelques instantanés du colloque PESD du 20 octobre

Le colloque Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe? Les enjeux de la présidence française de l’UE organisé par le Club Participation & Progrès s’est tenu le 20 octobre dernier à Bruxelles, au Centre de Conférence de l’Ecole Royale Militaire (ERM), en collaboration avec le Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques (RMES) et l’ERM.

Le principe de cette journée de réflexion repose sur la succession de plusieurs débats réunissant les acteurs de la Politique de sécurité et de défense européenne (PESD), au cours desquels le public et les intervenants sont invités à participer et échanger leurs perceptions des sujets évoqués.

Huit débats denses ont ainsi exposé les idées et axes de travail actuels d’entités et de personnalités diverses – membres de la Commission européenne, représentants et correspondants de l’OTAN, chercheurs, professeurs, industriels, diplomates, représentants militaires de plusieurs pays, conseillers stratégiques d’associations et de partis politiques… Comme souvent dans ce type de discussion, ce sont autant les points de convergence que les fossés des divergences qui ont alimenté la réflexion et permis aux participants et auditeurs d’enrichir leur vision du sujet.

Voici trois instantanés de ce colloque, instantanés dans le sens photographique et scientifique du terme : prises de vue d’une idée à l’instant t dans un environnement donné.

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La construction de valeurs militaires européennes communes – Débat 2

La présidence française de l’UE a lancé comme chantier plusieurs initiatives visant à mettre en place les conditions du développement de valeurs militaires européennes communes, par la création de modules de formation et d’enseignement de type Erasmus (sur le modèle existant pour l’enseignement supérieur). Ces formations consistent en modules de durée variable qui s’adressent aux officiers, sous-officiers et non gradés. Souple et ouverte, elle a pour but l’échange, la curiosité, la compréhension des cultures militaires et sociétales.

La philosophie du projet reprend le principe fondamental de travail proposé par la présidence française de l’UE : le consensus concret. Rejeter les projets totalisants, baser la réflexion sur des idées pratiques, construire des actions simples compréhensibles par le citoyen, lancer la dynamique en y associant les partenaires, forment le socle de la méthodologie retenue.

Les valeurs européennes ne seront pas fondées sur la moyenne réductrice des valeurs nationales ou sur l’adoption des valeurs nationales prédominantes, mais bien obtenues par la somme des valeurs communes incluant les particularités nationales. Les différences culturelles et historiques de chacun ne sont pas gommées par un projet totalisant (squelette utopique sans base vivante), mais articulées autour de valeurs partagées, pour former une identité commune concrète capable d’action et surtout capable d’exister et d’évoluer par elle-même (organisme autonome).

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La querelle OTAN/UE existe-t-elle ? – Débats 3, 5 et 6

Je ne suis pas souvent d’accord avec Olivier Kempf (EGEA) – ce qui fait l’intérêt des échanges et des lectures –, mais je rejoins sa perception au sujet de la fausse opposition OTAN/UE. Il prend le contrepied de l’idée éternellement relayée par les médias français d’un OTAN constituant une menace pour la PESD, en affirmant que l’UE est en position dominante, l’OTAN repoussant sans cesse sa réforme philosophique et stratégique.

Le démenti de James Appathurai, porte-parole de l’Otan, sur l’article de Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles 2 – Europe de la Défense) traitant du même sujet appuie ce qui a été martelé tout au long du colloque par tous les intervenants : une querelle OTAN/UE n’est pas d’actualité, l’OTAN comme menace de la PESD est un épouvantail médiatique pratique pour effrayer les opinions publiques, les relations vont pour le mieux.

Mais ce démenti, tout comme l’affichage de cette belle unité revendiquée, n’est pas antinomique avec l’existence de certaines frictions entre les deux organismes, qui ne dérangent plus vraiment tant elles sont résiduelles, mais finissent à la longue par agacer une UE qui se réforme et repense son environnement en permanence.

En clair, la vision stratégique globale multipolaire de l’UE se traduit par une réponse transversale, consensuelle, rapide et concrète, proposée d’abord par les gouvernements dans un souci d’efficacité, puis ensuite prise en main par les structures dédiées de l’UE, en totale transparence, tandis que l’OTAN est engluée dans sa vision unipolaire et son fonctionnement post-guerre froide, sans volonté de combler ses lacunes persistantes : incapacité de réforme, incompétence en matière de stabilisation, lourdeur de fonctionnement…

L’inquiétude de l’UE pourrait venir d’une évolution idéologique stratégique de l’OTAN perçue comme une menace : l’islam et la Chine remplaçant le communisme dans le rôle et la définition du Mal.

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Projets industriels communs : monde réel contre monde virtuel – Débat 2

L’ingénieur général de l’armement Robert Ranquet n’est pas content. Il ne peut que constater l’inexistence de projets industriels communs ambitieux et d’objectifs concrets. Pour lui, le poids politique des protections industrielles nationales ajouté à la persistance d’un manque d’ambition européen, agravé par la faiblesse des moyens financiers alloués, maintiennent le discours sur le sujet dans le monde virtuel où seuls vivent ses porte-parole. Chaque industriel développe sa recherche en solitaire et en concurrence, chaque État privilégie ses industries nationales. Les deux exemples cités (Galileo, projet civil et Musis) illustrent selon lui cette déficience politique.

Encore une fois, l’approche totalisante et laminante des projets doit être repensée. L’échec vient d’une vision supérieure qui lance un projet théorique et tente de l’ancrer dans la réalité pour le faire accepter.

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Débat 2 : Les nouvelles mesures suggérées dans le cadre de la présidence française –
aspects particuliers

L’Europe capacitaire : les projets de relance de l’Europe industrielle de l’armement et l’avenir de l’Agence Européenne de Défense
• le point de vue de l’Ingénieur Général de l’Armement Robert RANQUET, chargé de mission au Conseil Général de l’Armement
• le point de vue de Patrick LEFORT, Officier Principal, Direction Industrie et Marché, Agence Européenne de Défense (AED)

L’aspect communautaire dans le capacitaire
• par Kyriakos REVELAS, Commission européenne

L’Europe spatiale : étude de cas : le programme MUSIS
• par le Général Bernard MOLARD, vice-Président Défense et Sécurité, et Renaud BELLAY, EADS-ASTRIUM

L’Europe de la formation militaire : initiatives pour mieux former ensemble
• par le Général de Division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan.

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Débat 3 : La « conditionnalité » PESD et l’ouverture française à l’OTAN

• le point de vue de Louis GAUTIER, Docteur en Sciences Politiques, Conseiller Maître à la Cour des Comptes, Délégué National aux Questions Stratégiques du Parti Socialiste
• le point de vue du Général Gilles ROUBY, Adjoint au Représentant Militaire de la France auprès de l’Alliance Atlantique

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Débat 5 : Les innovations du Traité de Lisbonne

Des attentes autour de l’extension des coopérations renforcées au domaine de la Défense et de la coopération structurée permanente
• par l’Amiral Jacques ROSIERS, Président de l’association euro-atlantique de Belgique (AEAB – EAVB)

Le début d’une communauté de destin autour de la clause d’assistance mutuelle ?
• par Yves MOLLARD LA BRUYÈRE, Conseiller Politique à la Commission Européenne, Direction Générale RELEX, Service d’Études et de Prospective

De la place réservée à la sécurité nationale dans le traité de Lisbonne
• par Patrice CARDOT, Chargé des questions multilatérales et régionales au CGARM, auteur de plusieurs rapports sur la sécurité

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Débat 6 : Les invariants de la sécurité européenne face au Traité de Lisbonne

OTAN-UE, coexistence ou synergie ?
• par l’Ambassadeur Benoît D’ABOVILLE, Conseiller Maître en service extraordinaire à la Cour des Comptes

Quelle place pour l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) ?
• par Arnaud JACOMET, Chef du secrétariat Général de l’UEO

Vers l’Europe stratégique : nécessités et impasses
• par le contre-Amiral (2S) Jean DUFOURCQ, Directeur de recherche au centre d’études et de recherche de l’Ecole militaire à Paris (CEREM).

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Category: savoirs, sécurité, défense, terrorisme

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