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Un homme très recherché /Man on Wire /11 septembre (MAJ)

> Quelques points ont été clarifiés dans la partie de l’article sur Man on Wire, suite à un échange de courriels avec Jean Louis Blondeau, dont le livre en projet est indépendant de sa controverse survenue avec Philippe Petit lors de la sortie du film.

couvertures1

Un homme très recherché, le dernier roman de John Le Carré, se passe à Hambourg.
Man on Wire – Le funambule
, le documentaire de James Marsh sur Philippe Petit, se passe à New York.
Liant les deux, l’ombre double du 11 septembre. Et ses démons.

J’ai eu envie de parler de ces deux parutions différentes, mais pourtant invisiblement liées.

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1- John Le Carré - Un homme très recherché

On pourrait classer les livres de John Le Carré de plusieurs manières. L’une d’elle serait de les répartir en trois catégories :
1) les livres ayant pour cadre la guerre froide, où la morale du renseignement est simple (incluant donc la trilogie Smiley),
2) les livres ayant perdu espoir dans l’éthique du renseignement, qui finissent mal (Le tailleur de Panama, La constance du jardinier, Une amitié absolue),
3) ceux qui gardent encore foi en l’humanité, qui finissent bien (Le directeur de nuit, Single and Single, Le Chant de la Mission).

Un homme très recherché fait partie de la classe 2).

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Hambourg, point de départ

L’histoire se passe à Hambourg, parce qu’ « Hambourg porte les traces de cette tragédie : c’est de cette ville que sont partis les cerveaux et les instigateurs de l’attaque contre les tours du World Trade Center.»  – résumé ici.

Depuis le 11 septembre, les joueurs de l’ombre manipulent l’opinion, utilisent les médias, inventent crimes et suspects, en trouvent parfois de vrais après les avoir créés, condamnent les innocents sans procès ni justice, pour se prouver leur idée de l’honneur.

John Le Carré a commencé sa carrière à Hambourg. « C’est sans doute un hasard si je me trouvais à Hambourg le 11 septembre 2001, mais je n’arrive pas à croire au hasard.» 

Il nous y présente son livre :

http://video.google.com/videoplay?docid=-9216284768110691914

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Un homme en colère

Aujourd’hui il est très très en colère, contre la Grande-Bretagne, les États-Unis, et peut-être bientôt l’Allemagne (lire l’article d’origine en anglais).

« C’est justement de voir autour de moi si peu de colère contre ce qu’on fait subir à notre société, particulièrement en Grande-Bretagne, sous prétexte de la protéger. On nous a entraînés dans une guerre sous un faux prétexte, et on nous a spoliés de nos droits civiques dans une atmosphère de panique généralisée.
[...]
Les gens me traitent de vieil homme en colère. Qu’ils aillent se faire foutre. Pas besoin d’être vieux pour ressentir de la colère. La Grande-Bretagne a sacrifié sa souveraineté à une prétendue «relation privilégiée» qui n’a de privilège que le nom: c’est pour cette raison que, dans ce roman, j’ai voulu étudier jusqu’où est prête à aller l’Allemagne, qui semble décidée à copier nos erreurs
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Extraits

Deux visions du renseignement face à face. Qui va perdre (la foi) ? Qui a perdu (son âme) ?

Günther Bachmann, services du renseignement intérieur allemand, Hambourg – p 276 – se parle à lui-même
« Nous ne sommes pas des policiers, nous sommes des espions. Nous n’arrêtons pas nos cibles. Nous les travaillons et nous les redirigeons contre des cibles plus importantes. Quand nous identifions un réseau, nous l’observons, nous l’écoutons, nous le pénétrons et nous en prenons peu à peu le contrôle. Les arrestations ont un impact négatif. Elles détruisent des acquis précieux. Elles nous renvoient à la case départ, elles nous obligent à chercher un autre réseau qui serait même deux fois moins bien que celui qu’on vient de foutre en l’air.» 

Newton, chef de l’antenne berlinoise de la CIA – p. 358 – réponse à Günther
« Justice has been rendered. Justice a été rendue, mon vieux. On peut tous rentrer à la maison.
- Rendered ? Qu’est-ce qui a été rendu ? De quelle justice tu parles ?
-La justice américaine, pauvre con ! Qu’est-ce que tu croyais ? La justice droit au but, mon gars. La justice couillue, voilà quelle justice ! La justice où il n’y a pas de putain d’avocats pour tout embrouiller. Extraordinary rendition, ça te dit rien ? Non ?  [...]
Oeil pour oeil, bordel ! La justice punitive, OK, Günther ? Adbullah tuait des Américains. Pour nous, c’est le péché originel. Vous voulez jouer à vos petits jeux d’espions à la noix ? Allez jouer avec des Europygmées.
» 

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L’ombre du 11 septembre

On peut rapprocher ces deux extraits du postulat qu’en réaction à une attaque surprise majeure, les États-Unis réagissent « comme un cowboy»  : « The American mentality is a cowboy mentality – if you confront them with their identity theoretically and practically they will react in an extreme manner. In other words, America with all its resources and establishments will shrink into a cowboy when irritated successfully. » (interview donnée à Londres en 2004 par Saad Al-Faqih, chef du mouvement d’opposition saoudien MIRA (Movement for Islamic Reform in Arabia), spécialiste d’Al-Qaïda, explicant l’analyse stratégique de Zawahiri.

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Ces personnages, ces histoires, sont-ils vrais ?

Que dit John le Carré ?
« Pour transformer les gens de la vraie vie en personnages de fiction, il faut compléter la connaissance imparfaite que nous avons d’eux en leur injectant une part de nous-mêmes.» 

Et sur son site :
« A good writer is an expert on nothing except himself. And on that subject, if he is wise, he holds his tongue. Some of you may wonder why I am reluctant to submit to interviews on television and radio and in the press. The answer is that nothing that I write is authentic. It is the stuff of dreams, not reality. Yet I am treated by the media as though I wrote espionage handbooks.
And to a point I am flattered that my fabulations are taken so seriously. Yet I also despise myself in the fake role of guru, since it bears no relation to who I am or what I do. Artists, in my experience, have very little centre. They fake. They are not the real thing. They are spies. I am no exception.
» 

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2- Philippe Petit – Man on Wire (Le funambule)

Photo Jean-Louis Blondeau - jlbondeau.com

Photo Jean-Louis Blondeau - jlbondeau.com


Ce « documentaire»  britannique de James Marsh retrace la traversée du ciel  de Philippe Petit entre les deux tours du World Trade Center, le 7 août 1974 (bande annonce et site officiel). Il a 24 ans.

«Je suis monté sur le fil à 7 heures du matin et j’en suis descendu à 7h45, se souvient Philippe Petit. Il y a eu des moments sans vent, comme si les dieux s’étaient donné le mot pour me laisser passer. Quand un vent unidirectionnel s’est levé, je l’ai contré, tout en faisant attention à ne pas être happé par le vide s’il venait à cesser.
Après huit traversées, des raisons techniques, poétiques, romantiques, extraterrestres – ainsi que les flics, rageurs, et leur hélicoptère qui s’apprêtaient à agir bêtement et mettre ma vie en danger – m’ont fait comprendre qu’il fallait que j’arrête.»

On peut regarder la série de photos de son ami Jean-Louis Blondeau.

Photo Jean-Louis Blondeau - http://jlblondeau.com

http://jlblondeau.com

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Célébrité

Pourquoi « documentaire»  avec des guillemets ? Parce que personne n’a filmé l’événement, à l’époque. Les images filmées de James Marsh ont donc été reconstituées, réinventées, peut-être même réécrites : 34 ans se sont écoulés…

Voici les nouvelles télévisées du jour :

http://www.dailymotion.com/videox35rza

Cet exploit le rend célèbre.

Interview :
« Quand les hommes veulent marquer des interdits, poser des limites à leurs aspirations, ils inventent de fausses impossibilités physiologiques.
[...]
Moi, je montre comme c’est facile, comme c’est simple. Je ne suis qu’un homme qui marche dans le ciel. » 

Principes de vie :
« Être funambule, ce n’est pas un métier, c’est une manière de vivre. Une traversée sur un fil est une métaphore de la vie : il y a un début, une fin, une progression, et si l’on fait un pas à côté, on meurt. Le funambule relie les choses vouées à être éloignées, c’est sa dimension mystique. »
« I don’t have respect for people who walk on the wire with any kind of safety net. I don’t really like the fact that if you fall you die, but it’s part of what the wire is.» 

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Une traversée devenue mythique

La chute des tours fera un mythe de cette traversée céleste.

Le photographe américain Brian Rose, après la chute des tours, replonge dans ses archives photographiques. Dans une série de photos datant des années 80, il est intrigué par une tache sur une des images. A l’agrandissement, il découvre la signature de Philippe Petit.

photos Brian Rose - A droite, détail situé au-dessus du cercle sur le toit.

photos Brian Rose - A droite, détail situé au-dessus du cercle sur le toit.

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Le World Trade Center ?

En septembre 2001, Philippe Petit recueille quelques cendres de Ground zero.
« Je le connaissais comme personne. Les architectes en avaient une approche technique mais moi je l’ai écouté bouger, je l’ai senti dans mon corps « .

Une mémoire auditive des tours a été collectée par le site sonicmemorial, où l’on peut écouter des souvenirs sonores du World Trade Center.

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Une personnalité particulière

« It’s an irony to be both poor and famous, but that’s what I am. As far as money goes, I’m usually in a disaster situation, just barely afloat. I helped a benefit committee raise half a million dollars, but I couldn’t afford the taxi home. I get lots of offers to walk the high wire, but I choose what I say yes to. I’ve been a street juggler for ten years…and, yes, I pass my hat….I have no shame. Last winter, I demolished a house for $5 an hour. And I wash windows very well.»  [1986]

We live in a world where our senses are dulled by so many images, where we surrender ourselves to little robots. I hate my century, I hate what’s going on around me, so I don’t participate. I don’t have a laptop, I don’t have a cellphone, I can’t send an email. I’m an imbecile! But I say that with pride.

«On m’invite dans le monde entier pour donner des conférences sur la créativité devant des chefs d’Etat, des prix Nobel, des présidents de société. Sauf en France. Ici, on ne s’intéresse pas à moi, on ne me reconnaît pas comme un artiste, on ne me propose pas de spectacles. Ca me rend fou furieux et très malheureux.»

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Le Figaro
« Nez retroussé, cheveux roux flamboyants, regard rieur mais bouche sérieuse, Philippe Petit porte sur sa physionomie (qui pourrait être écossaise) à la fois la gourmandise de la vie et la force de la concentration. À 60 ans, il s’entraîne toujours trois heures par jour et n’a rien perdu de cette énergie très sûre (il s’agit d’étudier et de connaître, non de prendre des risques absurdes) et de cette joie de créer qui l’ont toujours guidé. Ni de cette indépendance rebelle à tout ce qui écrase, encadre, réglemente et sécurise.
«
J’ai été arrêté plus de 500 fois », note le récidiviste, tranquillement incorrigible.» 

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En 2006 il publie un livre sur le vol à la tire, l’Art du Pickpocket.

"L’art du Pickpocket, précis du vol à la tire" - Éditions Actes sud (2006)

Éditions Actes sud (2006)

Amazon
« Devenu manipulateur et pickpocket à dix-sept ans, il « piquait»  le portefeuille, la montre ou les lunettes de ses professeurs, ce qui lui a valut d’être renvoyé de cinq établissements scolaires. A la suite d’une très brève activité criminelle dans les rues de Paris, Philippe Petit porta au cabaret son talent de voleur puis l’incorpora à son numéro silencieux de jongleur des rues. Après s’être instruit dans l’art du toréro et dans celui de l’escrimeur, il se mit à la pratique du crochetage des serrures.» 

artefake
« En dehors de toute complaisance, Philippe Petit nous livre sans complexe son expérience dans le domaine, conscient du caractère à double tranchant de son ouvrage.» 

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Des souvenirs controversés

Il y a une petite mise au point sur le TONY blog à propos de Man on Wire, entre Gillian, qui commente l’article, et Jean Louis Blondeau, qui explique que ses souvenirs de l’histoire de cet exploit sont forts différents de ceux racontés par Philippe Petit dans le documentaire. Les deux versions n’étant pas compatibles, la controverse survenue entre eux a mis fin à 40 ans d’amitié, Philippe Petit ayant obtenu que Jean Louis Blondeau ne soit invité à aucune des premières du film, pour ne pas risquer de démentir son récit.

L’article :
« After a screening of British director James Marsh’s Man on Wire earlier today, Jean-Louis Blondeau, one of the main subjects of the documentary, showed off his Tribeca Film Festival pass. He seemed inordinately pleased to have it. On the pass, the photo was of Blondeau, but he had evidently borrowed a French film director’s name, and listed his job title as “reporter.” Apparently, old habits die hard: In August 1974, Blondeau used a forged ID card to gain access to the north World Trade Center tower, to help Philippe Petit perform his now legendary tightrope walk between the two buildings.
Blondeau plans to write a book about his own version of events. Petit and Blondeau are, as the above might suggest, no longer friends. Apparently the wire walker was none too keen to let Blondeau have a pass for the film (hence the need for a fake ID).» 

Commentaire de Gillian :
« Interesting and a little sad to hear that Blondeau is planning to write “his own version” of these events. When I watched Blondeau weep in “Man on Wire”, my heart went out to him because I assumed he was crying over the loss of his fickle friend Petit, that he felt betrayed when the rest of the crew was sent back while Petit was basically given the keys to the city, and that he had gone off to have sex with a stranger — his head turned instantly by his first taste of celebrity — while his friends waited anxiously for him as they were detained by police. Blondeau really felt like a tragic figure to me, and I liked him. But reading his bitter, jeering comments and finding that he’s planning to do what sounds like a “tell-all” piece of vindication is disappointing and kind of disgusting. The portrait of self-centered Petit was clear enough that it needs no elucidation from another source to illustrate the wire-walker’s huge ego, short memory, and easily-cast-away loyalty to those who got him up there to dance between those towers. Blondeau’s promise of dirt-to-come reminds me of Paul Theroux’s grossly gossipy, petty airing of dirty laundry about his so-called “friendship” with V.S. Naipaul. It made Theroux much smaller for having written it — I hope Blondeau doesn’t make himself a victim of the same self-shrinkage.» 

Réponse de Blondeau :
« Gillian, I am Jean Louis Blondeau and I wonder what makes you think that my own version of these events (only the simple truth indeed) could be what you call “a promise of dirt-to-come”. There is no dirt or bitterness of any sort in the beauty of this story. There is no gossip, neither big revelation to be told, and my goal is not just to write my own version of the events. My writing is about the extraordinary adventure I lived, what made it possible to happen, the audacity, the friendship, our dreams, and the unforgivable joy we had when succeeding. It is also about giving our accomplices the real credit they deserve, like for instance Jean Pierre Dousseau, whose name is not even mentioned in the movie, even though he was a big help along the preparation and drove the van when entering the towers! Also you might be surprised to learn that, unlike the movie makes you believe, my friendship with Philippe lasted for 40 years and ended just a year ago, with the movie release. So if there is some bitterness and sadness, it is only in what happened recently with this movie and has nothing to do with the events of 1974. Don’t get confused, Philippe Petit is no longer the guy I met at that time and I have no desire on talking about what he became now. I’d rather keep the beautiful memories I have from someone nobody will ever know again. However, to make the editorial more attractive, the journalist only focuses on what I said about Philippe’s lies, but did not mention all the good things I also said about who he was at that time. I have no revenge to take, I lived one of the most exciting story (not the only one) of my life and believe me, it is deeply in my soul and nothing can tarnish the feeling I get from having done it. But you have seen the docu-fiction / fairy tale that Philippe made from it and maybe, like a lot of people, you might be interested in knowing the real story. After all, a documentary is supposed to be about the truth, isn’t it what you expect also? If there is any dirt, it seems to me like it is more in lies told in a documentary. So before jumping to quick conclusions and accusing me of any bad intention, why don’t you wait until you see what I have to write? In the meantime, you might want to check my web site and read a very condensed summary of my 7 years of friendship and complicity with Philippe Petit, which leaves me with more serenity than bitterness: “jlblondeau.com”.

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Un livre en projet

Il est toujours intéressant d’avoir plusieurs lectures d’un évenément, surtout lorsque celui-ci devient un mythe.
Jean Louis Blondeau a en projet de publier le récit de ses souvenirs, pour « faire partager l’histoire enivrante que j’ai vécue, parler de ceux qui y ont contribué, dire comment jusqu’à la dernière seconde elle a failli échouer et comment elle a malgré tout réussi, car cette aventure n’était pas un conte de fée, mais bien une véritable histoire d’hommes, faite d’enthousiasme, de détermination, d’audace, de faiblesses, de trahisons, d’amitié sans faille, de poésie, d’idéal et de pureté.» 

À suivre, donc, pour un autre récit de cet exploit – toujours – incroyable.

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Un personnage à la Le Carré

Philippe Petit est une personnalité atypique, qui pourrait être un personnage de John le Carré : artiste total, c’est un étranger perdu dans son époque, et le 11 septembre a aussi modifié sa vie.
De plus, il partage une autre caractéristique avec les héros de ces livres : ses relations impossibles avec son père, par refus et incapacité de ressembler au modèle qui lui est destiné, tout en partageant paradoxalement avec lui cette filiation si particulière avec l’aérien, l’apesanteur, la fuite, le courage, le professionnalisme.

Philippe Petit est le fils du colonel Edmond Petit. Edmond Petit, pilote civil à vingt ans, devient pilote militaire en 1937. Premier combat aérien en 1939, croix de guerre. Il est fait prisonnier et participe à la plus grande évasion de la guerre : 130 officiers s’évadent en deux nuits en empruntant le même tunnel – Cet exploit a inspiré le film La Grande évasion. Il reste dehors 24 jours avant d’être repris. Après la guerre, il publie livres et articles (Forces aériennes françaises, Icare, Revue historique de l’armée, Historia-Magazine), et devient conservateur du Musée Air France.

Edmond Petit ne voyait pas son fils devenir saltimbanque. Philippe, renvoyé de cinq écoles, obtient son émancipation à 15 ans. Il quitte la maison familiale et part pour Paris, où il commence à jongler et vivre sa vie de bateleur. Philippe ne reprendra contact avec son père que deux ans avant sa mort.

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Père-fils, miroir inversé

Si différents, et pourtant construits autour de quelque chose de semblable, qui s’est exprimée de façon extrême et opposée.

« Dans ce livre, tout le monde a un père. Et tout le monde doit livrer des combats intimes, nés de l’hérédité ou des circonstances. C’est sans doute un moyen pour moi de tirer au clair mes rapports complexes avec mon propre père, que j’ai évoqués dans Un pur espion.» 
Tous les personnages de le Carré partagent ce handicap. Philippe Petit ressemble par certains côtés à Oliver Single, à Magnus Pym. Sa vie ressemble à leur fuite perpétuelle, collection d’exploits physiques et solitaires, dérive camusiennement absurde, transfigurée en art.

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Category: renseignement

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One Response

  1. Freude Bud dit :

    I just saw this movie, and was rather surprised by how much I enjoyed it.

    I wondered if Philippe Petit was at some point a Situationist–un Situationniste, given that he was about during the student uprisings in France–who ultimately found that celebrity in the heart of capitalism was the most satisfying outcome of his feats of daring.

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