août 1, 2009
Privatisation de la guerre et du renseignement
Le Sécurité globale n°8 (été 2009) est consacré à la privatisation de la guerre – donc aux SMP. Ce dossier, coordonné par Georges-Henri Bricet des Vallons, aborde les différents aspects de cette externalisation étatique, des fonctions non militaires aux unités combattantes, en passant par la logistique et le renseignement.

• La conception française de l’appui stratégique, une interview de Jean-Louis Rotrubin, pdg de Défense Conseil International (DCI), société française de droit privé d’appui stratégique et opérationnel dont l’activité, contrôlée à 49,9% par l’État, s’inscrit dans le cadre de la coopération militaire et dans le dispositif de soutien aux exportations d’armement –5 pages
Rôle de DCI dans les actions de formation, bilan de l’année 2008, intérêt des partenariats,
positionnement par rapport au concept anglo-saxon de SMP, présence au Moyen-Orient,
réorganisation et évolution de la pensée stratégique française autour de partenariats public-privé,
perspectives du marché pour l’industrie française.
• Politique d’externalisation : l’enjeu des sociétés d’appui stratégique, Olivier Hubac & Luc Viellard –15 pages
Le débat sur les sociétés d’appui stratégique et opérationnel se fait plus prégnant en France. Afin d’aborder au mieux une telle réflexion, il convient de la replacer dans la problématique globale de l’externalisation au ministère de la Défense. Si le recours au privé est maintenant chose acquise, il pose néanmoins la délicate question du cœur de métier des armées. Les pistes envisagées aujourd’hui concernent des besoins de logistique et de soutien aux forces en opération qui pourraient notamment impliquer le recours à des gardes armées. D’autres fonctions doivent également être étudiées comme la coopération militaire ou le renseignement. Cette externalisation ne devra cependant en aucun cas porter atteinte au sanctuaire régalien de l’usage de la violence légitime.
• Armées et sociétés militaires privées en Irak : de l’amalgame à la symbiose, Georges-Henri Bricet des Vallons –18 pages
Le processus de privatisation de la guerre a connu avec l’Irak un tournant historique. Le conflit irakien aura consacré un double mouvement d’industrialisation et d’institutionnalisation du mercenariat entrepreneurial, devenu un acteur clé du champ de bataille. L’abandon de pans entiers de la politique de reconstruction et de la stratégie de stabilisation aux mains des sociétés militaires privées amène à s’interroger sur l’évolution de l’externalisation et ses conséquences sur l’organistation future des forces armées américaines. Fait remarquable, à l’amalgame entre armées et sociétés mercenaires opéré dans le chaos de l’invasion en 2003 et 2004 est en train de succéder une véritable relation symbiotique entre ces deux pôles. À la lueur des retours d’expérience récents, c’est bien une intégration hiérarchique totale des prestataires militaires privés à la chaîne de commandement qui semble se profiler et qui augure une véritable révolution de l’identité des acteurs de la guerre, une révolution dont il convient de prendre toute la mesure puisqu’elle pourrait bouleverser profondément l’anatomie des conflits à venir.
• Après la guerre d’Irak, quel avenir pour les sociétés militaires privées? Philippe Chapleau – 11 pages
Le conflit en Irak a mis en lumière les missions, les capacités mais aussi les travers des prestataires de services militaires Le retrait des troupes de la Coalition dirigée par les États-Unis et le retour de la stabilité en Irak vont avoir une incidence sur ces sociétés qui ont connu un véritable « âge d’or» à partir de 2003 et qui pouraient désormais entrer dans une période de récession. Cet article analyse les perspectives commerciales et les nouvelles prestations offertes par les sociétés militaires privées aussi bien sur les marchés intéreurs qu’à l’international.
• Les relations houleuses entre SMP et tenants de la doctrine de contre-insurrection, Christian Olsson –16 pages
La privatisation de la sécurité est un des thèmes dont s’est saisi la critique contre-insurrectionnelle de la stratégie initialement adoptée par les États-Unis en Irak afin de poser les bases d’une nouvelle stratégie qui culminera avec la nomination du général Petraeus à la tête de la Coalition multinationale en 2007. Cet article analyse les débats suscités par les SMP au sein du milieu doctrinal contre-insurrectionnel afin de montrer pourquoi bon nombre de militaires américains ont été amenés à critiquer l’option de la privatisation de la sécurité dans les opérations extérieures contemporaines. Loin de se contenter d’opposer différentes « cultures nationales» en la matière, notamment en reprenant l’hypothèse d’une culture militaire anglo-saxonne propice à la privatisation des opérations militaires, cet article tente de montrer que la réalité est plus complexe, en mettant en évidence les tensions que le thème des SMP suscite encore au sein du monde militaire américain. Il analyse ainsi les objections faites aux SMP par nombre de militaires américains à l’aune de la doctrine et de la stratégie contre-insurrectionnelle actuellement mises en œuvre en Afghanistan et en Irak.
• Le bel avenir de la privatisation, Tanguy Struye de Swielande –12 pages
Depuis quelques décennies nous observons que les États privatisent une série de fonctions. Pensons à la privatisation de l’éducation, du rail, de l’industrie militaire, etc. Depuis la fin de la Guerre froide cette privatisation est également fortement présente dans les domaines de la sécurité et de la défense. Les sociétés de sécurité privées deviennent des acteurs importants dans les relations internationales et ont une influence de plus en plus grande dans l’application de la politique étrangère de sécurité et de défense. La question majeure est dès lors d’appréhender si la prolifération de la privatisation de la sécurité (entre autres à de nouveaux domaines, tels que le renseignement, les opérations de paix, l’humanitaire et la piraterie) forme une opportunité ou un péril pour les États et s’ils pourront s’adapter à ce nouveau défi.
• L’économisation de la Bundeswehr : de la modernisation à l’externalisation, en passant par la privatisation? Christophe Pajon & Jan Stöber –14 pages
Les forces armées fédérales allemandes, la Bundeswehr, comme nombre de ses partenaires au sein de l’Alliance atlantique, se sont lancées dans des processus d’externalisation de certaines activités. Cette évolution suscite évidement des questions en termes certes militaires, économiques, mais aussi politiques. Le développement de l’externalisation, ou plus globalement, la question de l’ « économisation» (Ökonomisierung) au sein du ministère fédéral de la Défense révèle en effet de nombreuses difficultés structurelles et politiques. Fortement développés sur le territoire national, l’externalisation, voire les phénomènes de privatisation, n’ont pour réelles limites que le notion de « cœur de métier» en opérations extérieures. Sans cadre juridique précis, il s’agit encore d’ajustements locaux, au cas par cas, et d’expérimentations.
Pour commander les articles de la revue Sécurité globale, c‘est ici.






Concernant cette privatisation, même le gvt du Luxembourg s’y met :)
Voir cet article sur l’envoie d’avions de patrouille par ce duché pour lutter contre la piraterie :
http://bruxelles2.over-blog.com/article-35461979.html