fév 14, 2010
Privatisation de la guerre : Eeben Barlow à Amsterdam
Eeben Barlow était l’invité du colloque « Privatisation de la guerre et compagnies militaires» , organisé par De Balie le 7 décembre dernier à Amsterdam.

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Deux heures de débat et d’échanges avec la salle (en anglais), animés par Wilbur Perlot. La table ronde confrontait trois personnalités très différentes, liées à la guerre par leur métier, mais qui en ont chacune une expérience et une lecture propre:
- Eeben Barlow, le fondateur d’Executives Outcomes,
- le journaliste Arnold Karskens, correspondant de guerre indépendant et désabusé,
- et surtout la passionnante Avril McDonald, spécialiste du droit pénal international (humanitaire et conflits) au TMC Asser Institute for International Law de La Haye.
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Vidéo de la conférence
Elle deux heures et se décompose en plusieurs parties:
- introduction du sujet par Wilbur Perlot, suivi d’un tour rapide du public
- présentation et discussion avec Eeben Barlow – 00:10:55
- début de la table ronde avec Arnold Karskens – 00:55:55
- l’intervention d’Avril McDonald – 01:08:00
- la conclusion – 01:59:00.
Beaucoup de questions de la part d’un public plutôt généraliste, des échanges interactifs entre les conférenciers, qu’il s’agisse de compléter leurs points de vues respectifs, d’expliquer leurs divergences, mais aussi de faire part de leurs interrogations.
Eeben Barlow a fait un compte-rendu de cette conférence sur son blog.
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Cliquer pour regarder la vidéo.
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Idées fortes
– Nécessité d’une transparence, de l’accessibilité des contrats de privatisation, surtout vis-à-vis de ceux passés par les États-Unis aux sociétés privées.
– En Angola, l’objectif du gouvernement était de terminer une guerre qu’il ne pouvait achever. Le contrat d’Executives Outcomes imposait d’établir une stratégie, le calendrier pour y parvenir et de le respecter;
- La malédiction de l’Afrique vient de ses ressources. Le sens de l’honneur, la noblesse de la profession militaire sont des notions qui se sont estompées aujourd’hui.
- Face à une situation de conflit asymétrique, il est souvent difficile de faire croire à une unité armée gouvernementale à sa victoire possible, à sa capacité à vaincre.
- Croire que chacun à son rôle à jouer, quelle que soit sa profession, pour influer sur le changement du pays et l’avenir de l’Afrique.
- Les opérations de maintien de la paix de l’ONU conduisent presque toujours à une perte de contrôle militaire de la situation.
- L’ONU est une très grand compagnie publique qui n’a aucun intérêt à terminer les conflits.
- « You cannot KEEP peace if there is no peace.»
- Les morts (civils) restent sur les routes principales – et personne ne fait rien.
- En Afrique, attention aux « Powerpoint companies» qui vendent de très efficaces présentations, empochent l’argent, puis disparaissent.
- « Nous ne vivons pas dans un monde parfait. La guerre est violente. On doit choisir son camp, on ne peut pas être gentil avec les deux parties.»
- L’analyse des menaces extérieures pour un gouvernement inclut de partager cette analyse avec les pays voisins. Les interlocuteurs de la SMP sont les militaires, non les politiciens.
- Une compagnie militaire privée doit connaître les coutumes et la culture du pays dans laquelle elle intervient, ses employés y avoir vécu ou travaillé (ce qui est tout le problème de l’Afghanistan).
- Toutes les guerres sont commencées par des gouvernements. Et les militaires ne sont qu’un outil du gouvernement.
- La privatisation de la guerre est un phénomène non marginal – on parle en millions de personnes. Non-nationaux des pays employeurs ou des pays où ils interviennent.
- Peu de combattants sur le terrain, mais beaucoup de monde derrière (logistique).
- Statut légal : quelles sont les lois qui s’appliquent à ces personnels extérieurs? Qui est l’employeur, leur travail, etc., ce qu’ils font sur le terrain compte plus au yeux de la loi que ce qui est écrit sur le contrat.
- Question : Certains conflits sont-il maintenus artificiellement pour le profit ?
Réponse : Personne ne souhaite en voir la fin. La population locale étant la dernière chose dont on s’occupe.






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