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David Kilcullen: Barack Obama ‘risks Suez-like disaster’ in Afghanistan. http://tinyurl.com/y8l2ol7
Litvinenko killing charge dropped. Hamburg prosecutors:no evidence to continue investigating Dmitri Kovtun. http://tinyurl.com/ykcyrb4
Saudi missiles hit Yemen border areas http://tinyurl.com/yzlaqmz
Gunmen in Somalia’s Puntland region shot dead top officials http://tinyurl.com/ygz6ehc
Corne de l’Afrique : un nouvel océan pourrait voir le jour http://tinyurl.com/yabucf5
UK, Controversial Islamist Azad Ali advises Crown Prosecution Service http://tinyurl.com/yfne2dw

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Que se passe-t-il à Londres ? Russie, la troisième menace (2)

suite de Que se passe-t-il à Londres ? Le JIC dans la tourmente (1)
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Le très médiatisé meurtre par empoisonnement d’Alexandre Litvinenko à Londres en novembre 2006 vient certainement en premier à l’esprit lorsque que l’on s’interroge sur le coma d’Alex Allan.

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Des empoisonnements suspects

Un ancien officier du KGB, Mikhail Trespashkin, a expliqué qu’il existait une dizaine de poisons mortels à disposition des services russes, dont la particularité est de ne laisser aucune trace dans l’organisme; à l’examen du corps, la mort serait donc imputée à une crise cardiaque. Ces poisons sont utilisés en aérosol ou bien appliqués au pinceau sur le volant d’une voiture, une poignée de porte, un téléphone… Ils seraient élaborés dans un laboratoire secret nommé « Kamera»  (la Chambre), ou encore le « Laboratoire n° 12″, créé en 1921. Selon Alexandre Kouzminov, ce laboratoire est le premier client et fournisseur du Département 12 du Directorat S du SVR qui s’occupe de guerre bactériologique.

Plusieurs tentatives et empoisonnements inexpliqués ont eu lieu au Royaume-Uni, et, pour ce que l’on peut en savoir, en Russie.

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Londres, le grand hub

Pourquoi Londres ? Parce que Londres est le carrefour global de l’Europe. Le hub des hubs, en quelque sorte. Centre financier, porte d’entrée et de sortie des États-Unis en Europe, passerelle entre l’Europe et le Moyen-Orient, c’est à Londres que passent ou résident tous ceux qui font les échanges de capitaux/d’informations internationaux, les opposants politiques, les milliardaires, les islamistes, les banquiers, les intermédiaires, les antennes du crime organisé et des marchands d’armes. Londres, Berlin des temps modernes.

Il ne faut pas oublier non plus la grande prédilection soviétique pour Londres : les Cinq de Cambridge (Kim Philby, Donald Maclean, Guy Burgess, Anthony Blunt et John Cairncross) ne sont pas si éloignés que cela.

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Des relations diplomatiques glaciales

Depuis 2004, l’escalade des incidents impliquant la Russie sur le territoire britannique explique la tension actuelle des services de sécurité :
• espionnage industriel des industries d’armement,
• menaces financières et boursières dans le secteur de l’énergie,
• tentatives d’assassinats d’opposants politiques,
• assassinat d’Alexandre Litvinenko,
• expulsion de diplomates.

Leur multiplication symétrique sur le territoire russe a provoqué la montée en puissance de la crise diplomatique :
• demandes d’extradition d’Akhmad Zakayev et de Boris Berezovsky,
• pressions sur le personnel puis fermeture des antennes du British Council,
• dépouillement de Shell du projet Sakhalin-2 au profit de Gazprom accompagné d’énormes dégâts financiers,
• campagne d’attaques via internet discréditant l’image de la société,
• tentative de prise de contrôle du conseil d’administration de la joint-venture russe de British Petroleum TNK-BP,
• suppression des visas et exil de son conseil d’administration à Londres,
• menace de retrait de licence et d’amende record pour la compagnie minière Peter Hambro,
• expulsion de diplomates…

Ce fut un des sujets de conversation directe entre Gordon Brown et Dmitri Medvedev lors du sommet du G8 à Hokkaïdo en juillet 2008. D’après le Kremlin, le président russe souhaite un « retour à la normale»  de la situation, bien que des sources britanniques affirment que la réponse russe soit plutôt : « Tout le monde espionne tout le monde»  (aujourd’hui).

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Russie, la troisième menace

Les tentatives d’assassinats et les meurtres d’opposants du président Poutine sur le territoire britannique ont sérieusement menacé l’ordre public ; moins médiatisées mais tout aussi criminelles, les attaques financières contre les compagnies pétrolières ont eu des répercutions préoccupantes pour l’économie britannique.

L’obligation de combattre ces actions hostiles monopolise une partie croissante des effectifs et des moyens de services de sécurité de l’État britannique, ce qui place la Russie en troisième position dans la liste des menaces, derrière Al-Qaïda, numéro 1, et la menace nucléaire iranienne, numéro 2. On a pu ainsi lire dans la presse que la menace russe détournait les services spéciaux de la lutte contre le terrorisme, mettant le pays à la merci de nouveaux attentats islamistes.

Iouri Fedotov, ambassadeur russe à Londres, a réagi à ce propos sur la chaîne russe Vesti : « Ces affirmations ne correspondent pas à la réalité et sont ridicules. […] En réalité, tous les diplomates russes travaillant à Londres agissent en conformité avec la Convention de Vienne et n’ont pas d’activités hostiles envers la Grande-Bretagne.» 

Cette affirmation est fort possiblement vraie, les actions hostiles russes étant menées par les « agents illégaux« , les détachements d’élite Zaslon du SVR ou Spetsnaz « Vympel»  du KGB-FSB, héritiers directs du SMERSH (» Mort aux espions!» ).

Depuis les attentats de 2005, le budget des services de sécurité britanniques a augmenté de 65%, pour atteindre 2 milliards de livres sterling. En novembre 2007, le chef du MI-5 Jonathan Evans précisait que 30 agents russes officiels opéraient aujourd’hui à Londres, soit autant que pendant la guerre froide.

L’importance des sommes dépensées par l’État après la mort d’Alexandre Litvinenko explique aussi la place de la Russie dans l’échelle des menaces.

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Une facture de 4,4 millions d’euros

Le conseil municipal de Westminster a dû gérer les conséquences sanitaires et financières de l’assassinat d’Alexandre Litvinenko.

Plus de trois millions de livres sterling (4,4 millions d’euros) ont ainsi été dépensés:
• 250 000 livres sterling (370 000 euros) payés par le conseil municipal de Westminster pour le nettoyage des sites contaminés à Londres – 27 endroits, dont 1 taxi, 1 restaurant marocain, 8 avions, 1 club de strip-tease;
• 2 millions de livres sterling (2,9 millions d’euros) payés par l’Agence de protection sanitaire pour le recensement et l’examen des personnes et sites suspectés de contamination – plus d’un millier de personnes et 47 sites;
• 1 million de livres sterling (1,45 millions d’euros) pour l’enquête de police.

La compagnie aérienne British Airways a publié une liste des 221 vols contaminés par le polonium 210 et a recommandé à ceux des 33 000 passagers susceptibles d’avoir été en contact de consulter le Département de Santé.

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L’ogre de l’énergie

Aujourd’hui la puissance de la Russie ne repose plus sur un empire de territoires satellisés ni sur la dissuasion nucléaire, mais sur les ressources énergétiques.

Vladimir Poutine a déclaré en 2005, lors d’une réunion du conseil de sécurité nationale : « La Russie ne peut dominer dans aucun autre domaine que celui de l’énergie.» 
Et force est de constater que son appétit est insatiable.

Comme au temps de l’URSS, il n’y a pas de distinction en Russie entre la guerre et la paix, ni entre guerre directe – militaire, usage de la force – et indirecte – persuasion, financement de mouvements révolutionnaires, soutien aux gouvernements amis, etc.

La guerre est l’état permanent et global auquel l’État russe alloue tous types de moyens nécessaires, comme la maskirovka, ce concept stratégique soviétique combinant des mesures de camouflage (mesures passives) et de déception (mesures actives).

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Déceptions en tout genre

Les mesures actives comprennent la simulation, l’imitation et la désinformation. Elles sont utilisées pour orienter dans le sens voulu les décisions des gouvernements étrangers, et peuvent être menées sur du long terme.

Elles ne sont pas uniquement une spécialité russe : la CIA a baptisé les siennes special activities.

Elles ne visent pas non plus que des cibles extérieures : au Royaume-Uni, un exemple connu est la campagne de rumeurs orchestrée par le MI-5 sur l’homosexualité de Sir Maurice Oldfield, le directeur du MI-6, poussant celui-ci à la démission en 1978.

Dans ce contexte digne de la guerre froide – et peut-être pire –, où chacun des protagonistes excelle au jeu de masque de la manipulation des médias et des politiques, où l’argent noir est globalisé, rien n’est plus fiable, ni les opposants au régime russe, ni les transfuges, ni les conseillers stratégiques, ni les membres du gouvernements, ni les services chargés de la protection, ni les agences de notation financière, ni les banques d’affaires, ni votre allié d’hier.

Ainsi le Daily Mail a affirmé en octobre 2007 qu’Alexandre Livtinenko avait été recruté par John Scarlett, directeur du MI-6, pour une rémunération mensuelle de 2 000 livres sterling – allégations démenties par sa veuve–, tandis que la Russie accusait Boris Bérezovski et Akhmad Zakhaev de manipulation via l’agence de relations publiques Bell Pottinger dans le but de discréditer Vladimir Poutine, et que la justice britannique se heurtait au refus de la Russie dans sa demande d’extradition Andreï Lougovoï, ex-agent du KGB fortement suspecté d’avoir administré le poison.

Pour revenir à Alex Allan, la chronologie place son coma au moment de la perte des documents du JIC, de la lutte pour le contrôle de TNK-BP, du sommet du G8, de l’affaire Couillard-Bernier (» vol»  des documents canadiens préparant la réunion de l’Otan à Bucarest en avril 2008 dont un des sujets était l’élargissement à l’Est) et, nous le savons maintenant, de la préparation de l’invasion de la Géorgie.

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Récapitulatif

> Alex Allan est la seule victime britannique.
> Il n’a pas de lien personnel avec le secteur énergétique britannique.
> Scotland Yard affirme que la Russie n’est pas impliquée.
> Scotland Yard affirme que cet incident n’est pas un « cas suspect» .
> Les affirmations selon lesquelles Alex Allan a été délibérément empoisonné ont été démenties par une source haut placée du Gouvernement.
> Scotland Yard a balayé l’accusation selon laquelle Alex Allan aurait été victime d’une tentative d’assassinat fomentée au sein de la communauté britannique du renseignement.
> Les services britanniques rejettent toute connexion avec le meurtre d’Alexandre Litvinenko ainsi qu’avec les rumeurs de tentative de meurtre contre le transfuge du KGB Oleg Gordievsky.
> Plusieurs journaux ont évoqué des hypothèses visant à impliquer personnellemnt Alex Allan : état dépressif, overdose,… insistant sur sa réputation d’excentrique farfelu et sa méconnaissance du monde fermé du renseignement.

Une DA-notice a-t-elle été émise, comme lors de la perte des documents du JIC dans les trains ?

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