les carnets de clarisse

transversalité & renseignement (relier les détails)

revue de web : les adresses à visiter (janvier)

Quelques pages et blogs à visiter : Inde, Pakistan, renseignement en Europe, suprématisme USA, Afrique… + une carte interactive d’Asie…

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revue de web#14sept

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Une sélection des liens et articles lus en ligne – semaine du 7 au 13 septembre.
Cette nouvelle rubrique est un rendez-vous hebdomadaire qui paraîtra tous les lundi.

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Pragati, revue stratégique indienne

Le dernier numéro de la revue stratégique indienne Pragati est paru, à télécharger sur le site de The Indian National Interest.

Issue28-FinalMaster

Connaître le point de vue indien sur des sujets habituellement discutés en Europe et aux États-Unis est un intéressant contre-point; surtout lorsqu’il s’agit du Cachemire, de l’Afghanistan, ou de la Chine… Lire la suite »

Attentats de Mumbai : une instrumentalisation de l’Occident ?

Il ne faut pas se tromper : la guerre en cours dans le sous-continent est une guerre de musulmans contre des musulmans (» It’s our war« ), où l’Occident est – à son tour et inconsciemment – instrumentalisé par les groupes terroristes agissant sous label Al-Qaïda pour le contrôle de la région. Lire la suite »

L’aubergine et le vizir

Un conte populaire à propos d’un roi et de son vizir

Le roi en avait assez de manger des aubergines. Il mentionna un jour devant son vizir que l’aubergine était un légume totalement inutile. Le vizir fut de tout cœur d’accord avec son roi, et se mit à critiquer le malheureux légume de manière si emphatique que le roi n’eut plus aucun doute sur la justesse de son opinion.
Quelques jours plus tard, le médecin personnel du roi rencontra ce dernier et lui parla des remarquables bienfaits pour la santé de la consommation d’aubergines. Du coup, le roi recommanda le légume à son vizir. Celui-ci ne pouvait qu’être d’accord. L’aubergine était vraiment la reine des légumes, et, comme il continuait à vanter éloquemment ses nombreuses qualités, le roi se souvint qu’auparavant ce même homme avait très rondement condamné le légume en question. Furieux, il lui demanda comment il pouvait soutenir deux points de vue aussi diamétralement opposés.
La réponse du vizir fut empreinte d’une sagesse distillée pendant des générations.
Il répliqua : « My lord, je travaille pour vous, pas pour l’aubergine. Quel bien cela me ferait-il, à moi, si j’étais d’accord avec l’aubergine mais en désaccord avec vous ?» 

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Pavan K. Varma nous rapporte ce conte dans Le défi indien – Pourquoi le XXIeme siècle sera le siècle de l’Inde (Actes Sud, BABEL, 2005). Pavan K. Varma est écrivain, diplomate, directeur général de l’Indian Council for Cultural Relations.

Son explication : « Le vizir ne pouvait pas penser qu’il y avait quoi que ce soit de moralement condamnable à changer d’avis en étant d’accord avec son roi. Son amoralité était fondée sur la perception pragmatique que le poids de sa position était plus important que la solidité de ses convictions. Pour la plupart des Indiens les convictions privées ne doivent jamais se mettre en travers des avantages personnels.» 

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La chute des mythes projetés et auto-construits

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L’édition indienne (en anglais) de 2004

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Ce livre passionnant tente de répondre sans tabou à la question « Qu’est-ce qu’être indien? »  dans l’optique des défis et des potentiels du 21e siècle.

Des réponses fouillées, claires, bien illustrées, à la fois sur le point de vue de l’étranger et sur celui de l’Indien face à lui-même. L’analyse est franche, directe, sans concession, souvent dure. Ainsi le mythe de l’Indien intègre, spiritualiste, détaché des contingences de ce monde, non-violent, tombe en poussière.

La recherche du pouvoir apparaît pour un Indien l’objectif légitime de son existence (qu’il doit combiner avec les quatre buts fondamentaux de sa vie d’hindouiste et les quatre stades de sa vie terrestre, sans oublier la fidélité à sa caste). Cela entraîne une amoralité dans les actes quotidiens considérée comme normale dès lors que ceux-ci sont en rapport avec cet objectif.

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Le pays des dualités et des antinomies

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Ce livre de 360 pages est divisé en six parties :
1) introduction : image ou réalité
2) le pouvoir : le triomphe inattendu de la démocratie
3) la richesse : le mythe de « l’autre monde» 
4) la technologie : le passé explique les succès d’aujourd’hui
5) le panindianisme : violence et volonté de compromis
6) épilogue: un équilibre crucial pour le décollage.

Se révèlent alors une série de dualités assez surprenantes pour les esprits cartésiens :
- appartenir simultanément à un monde moral (l’ordre du cosmos) et un monde amoral (sa propre vie comme étape dans le cycle continu des renaissances)
- constater l’absence de bienveillance envers les étrangers et en même temps la collaboration/collusion avec les étrangers d’une puissance étrangère d’occupation, c’est-à-dire être fidèle à sa déloyauté et pourtant servir sans vergogne ni remords l’étranger.

On apprend les usages sociaux et leur échelle de valeurs :
- flatter et être flatté, en utilisant toute la palette de l’exagération et de l’emphase dans la déférence affichée, s’exprimant sans subtilité, mais dans le doute perpétuel sur la pérennité des deux parties : demain, le flatteur peut être écarté, et le flatté déchu,
- user de la corruption pour alimenter et consolider la démocratie,
- le bien triomphe du mal mais la vie est duplicité et trahison,
etc.

Les références aux textes (Mahâbhârata, Kâma Sûtra, Râmâyana, Arthashastra), leurs mises en relation avec les notions de base de l’hindouisme, des exemples puisés dans de nombreuses études, constituent une synthèse puissante mais néanmoins assez facile d’accès pour les profanes, fluide et d’une lecture agréable.

Où l’on apprendra aussi avec intérêt que :
• l’Inde et l’hindouisme sont absents des études de Samuel Huntington (Le Choc des civilisations) et de Francis Fukuyama (La Fin de l’Histoire et le dernier hommeLa confiance et la puissance)
• l’Inde produit plus de politiciens, élections, partis politiques démocratiques que la totalité du reste du monde.

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Extraits

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« Pour la plupart des Indiens les convictions privées ne doivent jamais se mettre en travers des avantages personnels.» 

« Même dans leurs pires actions, les Indiens ne sont jamais accablés par leur absence de moralité, et ils ne perdent pas confiance dans leur virtuosité ultime; parce que, après tout, dans un monde passager et éphémère, quelque chose peut-il être éternellement bon ou mauvais ?» 

« L’hindouisme doit être la seule religion qui inclue expressément l’accomplissement des désirs physiques et la poursuite de la prospérité parmi les buts suprêmes de la vie.» 

« Les politologues peuvent tirer d’intéressantes conclusions du fonctionnement de la démocratie en Inde. La principale est qu’il n’est pas de loi universelle qui explique le succès d’institutions démocratiques. La démocratie peut trouver ses racines, non pas en raison de la force intrinsèque des idées qu’elle représente, mais en raison de certaines forces dans le caractère et la façon de penser du peuple dans lequel elle est transplantée.» 

« Dans les sociétés où les traditions indigènes ne sont pas aussi fortes, la démocratie peut être sommairement rejetée comme une menace totalement inacceptable.» 

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Le dualisme de l’Occident dans sa perception de l’Inde

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À mettre en relation avec cet article de Jean-Joseph Boillot dans les Échos publié lors de la visite d’Etat du Président de la République en Inde, les 25 et 26 janvier 2008 :

« Mais notre rapport à l’Inde reste dans ce domaine assez dualiste car les images sur la pauvreté ou certaines violences récurrentes se superposent encore largement dans notre imaginaire collectif.
[...]
Car le dualisme confine ici à la schizophrénie. La gauche française se présente souvent comme celle qui protège l’Inde et stigmatise ses inégalités. Mais elle est aussi celle qui dialogue avec cette autre Inde, celle des paysans sans terre, des forums sociaux ou d’un accord équilibré sur l’après-Kyoto. La droite française revendique plutôt la signature de grands contrats et cherche par tous les moyens à annoncer de vastes programmes de coopération avec ce pays-continent. Mais elle est aussi celle qui a si mal réagi à l’acquisition d’Arcelor et qui s’accommode difficilement de la vision des espaces pertinents chez nos géants asiatiques : point d’avenir en dehors d’un projet collectif européen là où chaque capitale tente de jouer sa propre carte.
[...]
Nicolas Sarkozy arrive à Delhi juste après Gordon Brown, mais surtout après la visite historique du Premier ministre indien à Pékin, où a été publiée une déclaration commune importante sur «
une vision commune pour le XXIe siècle ». Qui a noté à Paris que n’y figurent ni le mot France ni le mot Europe ?» 

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À méditer… et à changer

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Mise à jour – 9 octobre 2008

Un lecteur attentif et cultivé me signale que l’histoire de l’aubergine est une des paraboles de Nasr Eddin Hodja, qui font le bonheur des Balkans à la Mongolie depuis le XIIIe siècle. Merci pour cette information !

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